Les Plans d’Epargne Retraite, une solution d’avenir
Avec la réforme des retraites, constituer une épargne retraite complémentaire devient indispensable pour préserver son niveau de vie après le départ à la retraite. C’est dans ce contexte que le Plan d’Epargne Retraite (PER) a vu le jour en 2019, en remplacement des dispositifs d’épargne retraite préexistants comme le PERP, le contrat Madelin ou le PERCO.
Ce nouveau produit d’épargne se décline en trois compartiments distincts : le PER individuel (PERIN), le PER collectif (PERCOL) et le PER obligatoire réservé à certaines catégories de salariés. Face à cette offre diversifiée, les épargnants se retrouvent bien souvent désorientés au moment de choisir le PER le plus adapté à leur situation.

PER individuel ou collectif : un choix aux lourdes conséquences
Difficile en effet de s’y retrouver entre le PERIN et le PERCOL qui diffèrent sur de nombreux points : modalités de versement, univers d’investissement, fiscalité ou encore possibilités de transfert. Pourtant, ce choix initial aura un impact décisif sur la constitution et la transmission de votre épargne retraite complémentaire à long terme. Une erreur d’aiguillage pourrait vous contraindre à renoncer à des avantages fiscaux substantiels ou à subir des frais de gestion élevés.
Il est donc crucial de bien comprendre les spécificités des PER individuel et d’entreprise avant de se lancer. Et la réflexion mérite d’être menée sur le long cours en tenant compte de vos objectifs patrimoniaux, de votre appétence au risque et de votre horizon de placement.
Une loi pour lutter contre la déshérence des contrats retraite ?
Transfert d’épargne retraite : Ce qui change pour vous cet été (dès Juillet 2024)
Quel PER individuel pour votre profil ?
Souplesse et liberté pour les particuliers
Accessible à tous, sans distinction de statut professionnel, le PER individuel séduit par sa grande souplesse. Alimenté exclusivement par des versements volontaires issus de votre épargne personnelle, il vous laisse une totale liberté pour ajuster à tout moment le rythme et le montant de vos cotisations.
De plus, le PER individuel vous offre un très large choix d’actifs éligibles pour faire fructifier votre capital : des supports classiques comme les SICAV ou FCP, mais aussi des produits plus risqués (actions, SCPI…). Une diversification des placements rendue possible par la gestion libre du contrat, à la différence du PER collectif réservé aux fonds d’investissement prudents.
Profiter des niches fiscales
Parmi les principaux attraits du PERIN figure sa fiscalité très avantageuse. A l’entrée, les versements effectués sont intégralement déductibles de vos revenus imposables dans les limites d’un plafond spécifique. Une belle opportunité d’optimisation fiscale pour les ménages lourdement taxés.
À l’inverse, ceux qui préfèrent différer l’imposition pourront choisir la sortie en rente après 62 ans, bénéficiant alors d’un abattement de 30 à 70% selon l’âge. Ou encore opter pour une sortie en capital, avec une flat tax de 30% sur les plus-values seulement.
Une solution souple et réversible
Dernier atout de taille du PER individuel : sa grande liberté de transfert. Vous pourrez aisément faire migrer votre épargne vers un autre PERIN ou vers un PER collectif ou obligatoire si vous êtes embauché dans une entreprise le proposant.
Cette souplesse vous évitera de rester prisonnier d’un contrat inadapté en cas de changement de situation professionnelle ou patrimoniale. Un luxe que ne vous offre pas le PERCOL qui impose des conditions drastiques de transfert.
Tout savoir sur le PER collectif
Accessible seulement aux salariés
Contrairement au PER individuel, le PER d’entreprise n’est accessible qu’aux salariés des sociétés l’ayant mis en place. Une condition d’ancienneté minimale (souvent 3 mois) est parfois requise pour intégrer le dispositif. L’adhésion peut être facultative ou obligatoire selon le règlement de l’entreprise.
Alimenté par l’épargne salariale
Si le salarié est libre d’effectuer des versements volontaires sur son PER collectif, ce dernier est essentiellement alimenté par des sources spécifiques d’épargne salariale. On pense notamment à l’intéressement, à la participation ou encore aux jours de repos non pris qui peuvent être transférés sur le PER.
De plus, le PERCOL peut bénéficier d’éventuels abondements de l’employeur, autant de versements venant gonfier l’épargne retraite sans effort du salarié. Un avantage indéniable du PER d’entreprise que le PER individuel ne peut proposer.
Une gestion prudente et des frais réduits
En contrepartie de cette alimentation avantageuse, le PER collectif présente deux inconvénients majeurs. D’une part, son univers de placement se limite aux supports d’investissement les plus défensifs, à l’image des SICAV ou FCPE. Une gestion dite « pilotée » qui sécurise le capital à l’approche de la retraite, au prix d’un moindre rendement potentiel.
D’autre part, les frais de gestion sont certes modiques, mais uniquement durant la période d’activité. Une fois à la retraite, ces coûts récurrents restent entièrement à la charge de l’ex-salarié.
Des avantages fiscaux en fin de course
Si le PER collectif s’avère peu avantageux d’un point de vue fiscal lors de sa constitution, ses atouts se révèlent au moment de la sortie. En cas de déblocage en capital, l’épargnant bénéficie d’une exonération totale sur les sommes issues de l’épargne salariale (intéressement, participation…).
Mieux encore, s’il opte pour une sortie en rente viagère, celle-ci sera imposée de manière très favorable selon un barème dégressif : de 30% à 70% des rentes seront exonérées d’impôt en fonction de l’âge de liquidation.
Peu de marges de manœuvre
Dernier point noir du PER d’entreprise collectif : ses conditions de transfert draconiennes. Seul le départ de l’entreprise permet de récupérer facilement son épargne, sans pouvoir la réinvestir avant un délai de 3 ans. À défaut, le contrat restera prisonnier de l’entreprise, y compris en cas de changement de situation personnelle ou professionnelle.
Comment choisir son PER ?
Tout est question de statut
La première donnée à prendre en compte pour choisir son PER est évidemment votre situation professionnelle. Salarié ou non, chef d’entreprise ou professions libérales… seuls les actifs liés à une société proposant un PERCOL pourront souscrire à ce dernier.
