PER : vers une liquidation automatique à la retraite ? Ce que l’on sait

Depuis l’automne 2025, le Plan d’Épargne Retraite (PER) fait l’objet d’un débat inhabituel dans la sphère politique et financière. En cause : une proposition visant à imposer la liquidation automatique du PER dès le départ à la retraite. Cette hypothèse, largement relayée par la presse économique, a suscité des interrogations légitimes chez les épargnants. Que dit réellement le droit ? Où en est le projet ? Décryptage.

Le PER aujourd’hui : un cadre souple et volontaire

Instauré par la loi PACTE de 2019, le Plan d’Épargne Retraite a pour objectif de favoriser l’épargne longue afin de compléter les pensions issues des régimes obligatoires. Il peut être souscrit :

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  • à titre individuel (PER individuel) ;
  • dans un cadre collectif via l’entreprise ;
  • ou à titre obligatoire pour certaines catégories de salariés.

À l’âge de la retraite, le titulaire du PER bénéficie d’une grande liberté. Il peut :

  • conserver son plan sans le liquider immédiatement ;
  • sortir en capital ;
  • opter pour une rente viagère ;
  • ou combiner les deux solutions.

À ce jour, aucun texte n’impose la liquidation du PER au moment du départ à la retraite. Cette souplesse constitue l’un des principaux atouts du dispositif.

Source : Service-public.fr – Ministère de l’Économie et des Finances.


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L’origine du débat : un amendement au budget 2026

En octobre 2025, lors de l’examen du projet de loi de finances pour 2026, un amendement déposé par plusieurs députés a relancé le sujet. Le texte proposait de rendre obligatoire la liquidation du PER dès l’atteinte de l’âge légal de la retraite.

Cet amendement a été adopté en commission des finances, ce qui a entraîné une forte médiatisation du sujet. L’objectif affiché par ses auteurs était de limiter certains usages du PER jugés trop favorables sur le plan fiscal.

En particulier, les députés pointaient le fait qu’un PER non liquidé au décès du titulaire pouvait être transmis sans que les sommes issues de versements déduits fiscalement n’aient été soumises à l’impôt sur le revenu. Selon eux, cette situation pouvait détourner le PER de sa vocation première.

Sources : Boursorama, Assemblée nationale.

Ce qui a été voté… et ce qui ne l’a pas été

Il est essentiel de distinguer les différentes étapes du processus législatif :

  • ✔️ L’amendement a bien été adopté en commission des finances ;
  • ❌ Il a ensuite été rejeté en séance publique à l’Assemblée nationale.

Conséquence directe : la mesure n’a pas été intégrée au texte final. En janvier 2026, aucune obligation de liquidation automatique du PER n’existe dans le droit en vigueur.

Source : Boursorama, Économie Matin.

Pourquoi cette idée revient régulièrement dans le débat public

Si la proposition n’a pas abouti, elle révèle néanmoins plusieurs lignes de fracture autour du PER :

Un enjeu de recettes fiscales

Le PER représente un coût fiscal significatif pour l’État, en raison de la déductibilité des versements. Certains parlementaires estiment nécessaire de s’assurer que l’épargne constituée donne effectivement lieu à une imposition à la retraite.

La crainte d’une dérive patrimoniale

Le maintien du PER après la retraite peut, dans certains cas, transformer ce produit en outil de transmission patrimoniale. Une évolution que ses détracteurs jugent contraire à l’esprit de la loi PACTE.

La défense de la liberté de l’épargnant

À l’inverse, les professionnels de la gestion de patrimoine soulignent que la souplesse du PER est essentielle pour encourager l’épargne retraite et adapter les sorties aux situations individuelles.

Quelles conséquences pour les épargnants en 2026 ?

À ce stade, les règles restent inchangées :

  • le PER n’est pas obligatoirement liquidé à la retraite ;
  • le titulaire choisit librement le moment et la forme de sortie ;
  • la flexibilité du dispositif est maintenue.

Toutefois, le débat montre que le cadre fiscal du PER pourrait évoluer à moyen terme. Pour les épargnants, cela renforce l’importance d’une stratégie d’épargne retraite anticipée et régulièrement ajustée.

Conclusion

Non, le PER ne fait pas l’objet d’une liquidation automatique à la retraite en 2026. Une tentative législative a bien existé, mais elle n’a pas été adoptée définitivement. Le dispositif conserve donc, pour l’instant, sa philosophie initiale : souplesse, liberté de choix et adaptation aux besoins de chaque épargnant.

Pour autant, cette séquence parlementaire rappelle que le PER est désormais un sujet central dans les réflexions sur la fiscalité et le financement des retraites. Une raison supplémentaire de suivre attentivement son évolution dans les années à venir.

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